Cirrus

À dix ans, ma mère m’a tendu un carnet qu’elle venait d’acheter et m’a dit : « Écris ce que tu ressens ». J’ai noté les mouvements de mon âme et de ceux qui m’entouraient. J’ai découvert que par quelques mots, la poésie unie nos intériorités silencieusement. Elle est dire : ce subtil sentiment que nous ressentons à peine, a été connu de tous, arrêtez-vous, regardez comme il est magnifique, regardez la beauté que nous avons en nous ! Ressentons ce que chaque enfant à découvert, ressentons ce qui était beau et que nous avons oubliés. Nos histoires font partie de l’histoire de l’humanité, soyons en reconnaissant. Puis, souhaitant partager mes textes, j’ai découvert la puissance d’un poème illustré. Les mots et l’image se galvanisent l’un l’autre pour le retranscrire au plus proche les vibrations des sentiments. Les poèmes sont devenus des pages, et les pages des tableaux.

En peignant, en dessinant, en bombant, en jouant avec la viscosité des ancres, en scannant, en modélisant, en photographiant, en retouchant, en imprimant, en écrivant, je superpose des éléments visuels et obtient des paysages oniriques, qui ondulent à la frontière entre l’abstraction et la figuration.